Tom Volf
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N° 16 MMXXIII Opéra · Mise en scène

Norma de Bellini

Pour le centenaire de Maria Callas, Tom Volf signe sa première mise en scène d’opéra. Le choix se porte sur Norma de Vincenzo Bellini — l’opéra le plus étroitement associé à Callas — et sur l’un des lieux qui ont compté pour elle : le Théât…

N° 16 — MMXXIII Norma (2023)
Affiche officielle
Bande-annonce du film

Pour le centenaire de Maria Callas, Tom Volf signe sa première mise en scène d’opéra. Le choix se porte sur Norma de Vincenzo Bellini — l’opéra le plus étroitement associé à Callas — et sur l’un des lieux qui ont compté pour elle : le Théâtre antique d’Hérode Atticus, à Athènes, où elle s’est produite en 1944 et 1957. Les deux représentations, données à guichets fermés les 28 et 30 août 2023 devant plus de 9 000 spectateurs, sont produites par la fondation culturelle Lykofos en collaboration avec la télévision grecque ERT. La direction musicale est confiée à Eugene Kohn — pianiste des masterclasses de Callas à la Juilliard School (1971-1972).

Sur scène, Joyce El-Khoury fait une prise de rôle triomphale en Norma ; à ses côtés, Theresa Carlomagno (Adalgisa), Mario Frangoulis (Pollione), Sava Vemić (Oroveso), Diamanti Kritsotaki (Clotilde), Alexander Marev (Flavio). Le Chœur Mixte Fons Musicalis (dir. Kostis Konstantaras) et l’Orchestre Symphonique de la Radio grecque accompagnent la production. Décors : David Negrin. Costumes : Yannis Metzikof. Lumières : Lefteris Pavlopoulos. Chorégraphie : Ersie Pittas. Au total, plus de 110 artistes sur le plateau.

Volf réussit à occuper l’immense scène de l’amphithéâtre sans la remplir.
L’Orient-Le Jour, 2023

Notes de mise en scène

Pour Tom Volf, Norma n’est pas un personnage du passé : une grande prêtresse, un chef de tribu omnipotente, seule à pouvoir déclarer la guerre ou la paix — et Bellini, deux siècles plus tôt, l’a écrite comme telle. L’opéra se déploie autour d’une chaîne de trahisons (Norma envers ses vœux et son peuple, Adalgisa envers les siens et envers Pollione, Pollione envers les deux femmes), mais le sujet réel, selon le metteur en scène, est la rédemption. C’est elle qui traverse tous les personnages et qui apporte la catharsis au spectateur.

Le parti pris scénique est radical par sa sobriété, dans une époque où les transpositions contemporaines dominent. Tom Volf laisse l’action dans le premier siècle avant Jésus-Christ comme le veut le livret, et tire parti de l’amphithéâtre antique : sanctuaire druidique marqué par un grand arbre à gauche, blocs de pierre à droite, espace central avancé vers la fosse d’orchestre. Le chœur, placé en statique, prend la fonction d’un chœur antique grec. À l’interlude de l’acte II, une figure menaçante de la mort, accompagnée de cinq danseurs, traverse le plateau ; le même tissu rouge servira à l’appel à la guerre puis, à la fin, à représenter le bûcher où Norma s’immole — manière d’éviter un feu réel sur scène. La direction d’actrice à Joyce El-Khoury rappelle celle de Visconti à Callas dans son Alceste à la Scala : pas de mouvement parasite, une posture noble, le geste seul, amplifié par une robe dont le tissu prolonge les bras.

Le choix d’El-Khoury n’est pas un hasard. Tom Volf l’avait entendue dans la version française de Poliuto de Donizetti, enregistrée pour Opera Rara, quelques mois avant que le projet Norma ne soit officiellement validé. La cohérence du timbre lyrique avec ce que Bellini avait écrit — à l’origine, la création par Giuditta Pasta puis Giulia Grisi, deux sopranos, dans une époque où la frontière soprano/mezzo n’était pas tracée comme aujourd’hui — orientait naturellement vers cette voix-là. Norma est, dans le répertoire de Callas, le rôle qu’elle a le plus chanté sur scène. La production rend ainsi hommage à la cantatrice dans le lieu même qui l’avait accueillie près de quatre-vingts ans plus tôt — auquel s’ajoute, dans la mémoire grecque, la légendaire Norma de Callas à Épidaure en 1960.

« Unveiling Norma » — coulisses des répétitions et bande-annonce (août 2023). Réalisation Yannis Dimolitsas.

Pour Tom Volf, mettre en scène à Hérode Atticus relève autant du privilège que de l’engagement personnel : « Il y a une énergie particulière dans ce lieu qui remonte loin en arrière, à tant d’artistes, tant de représentations qui s’y sont jouées — tout cela m’inspire profondément. »

2 représentations · 28 & 30 août 2023
Odéon d’Hérode Atticus · Acropole, Athènes
Plus de 9 000 spectateurs · 110 artistes sur scène
Production · Lykofos Productions & ERT

Ils en ont parlé

Auteur, photographe et réalisateur, Tom Volf était un choix de bon augure pour mettre en scène cette production.
ConcertoNet · Ossama el Naggar, 30 août 2023 (traduit de l’anglais)
Joyce El-Khoury est la meilleure et la plus convaincante Norma que j’aie vue ces vingt dernières années.
Η Καθημερινή (Kathimerini), septembre 2023
Le lyrisme de l’interprétation, la tragédie qui flirte avec l’opéra, des voix qui transpercent l’âme, une intrigue qui vous tient en haleine — voilà les clés d’une représentation dont on se souviendra des années.
Keysmash · Mary Zarakoviti, 2023
CNN.gr · août 2023 Η υπερπαραγωγή «Norma» στο Ηρώδειο — εξαντλούνται τα εισιτήρια.
CNN.gr · août 2023

Captations & portraits

Norma — Théâtre d'Hérode Atticus
Joyce El-Khoury est Norma