Tom Volf
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Réception académique

Le travail mené autour de Maria Callas a quitté le champ du documentaire pour entrer dans celui de la recherche — d’abord comme objet d’étude, désormais aussi comme contribution. Colloques, revues à comité de lecture, bibliographies de référence : ce que les universitaires en font, et ce que Tom Volf y publie.

Une conférence, un article

Pour le centenaire de la naissance de Maria Callas, l’Université de Turin — UniVerso réunit du 17 au 20 décembre 2023, avec la Fondazione Teatro Regio Torino et la Consulta Universitaria del Cinema, le colloque international Maria Callas at 100: Opera, Celebrity, Myth.

Direction scientifique : Giulia Carluccio (Università di Torino), Massimo Fusillo (Scuola Normale Superiore, Pise), Stefania Rimini (Università di Catania) et Emanuele Senici (Sapienza, Rome). Quatre jours de communications entre le Teatro Regio, la Cavallerizza Reale et le Rectorat, consacrés à une figure qui a marqué l’histoire de l’opéra et, plus largement, l’imaginaire collectif du XXe siècle.

Tom Volf y donne une conférence consacrée à Norma — le rôle que Callas nommait son « cheval de bataille », celui qui ouvre et referme sa carrière scénique. Cette communication est devenue un article, soumis à l’évaluation par les pairs et retenu pour le volume collectif issu du colloque, à paraître aux éditions Il Mulino.

L’article

  • Titre — « Maria Callas e Norma, 1948-1965 : un percorso storico, visivo e musicale ».
  • Méthode — une analyse transdisciplinaire, historique, visuelle et musicale, de l’évolution du rôle de Norma dans la carrière de Callas. Fruit d’une décennie de recherches menées dans douze pays, l’étude privilégie les sources primaires, et d’abord les mots de Callas elle-même. L’essentiel du matériau provient des archives du Fonds de Dotation Maria Callas.
  • Corpus — quatre-vingt-douze représentations scéniques intégrales, quinze concerts et récitals comportant Casta Diva, deux enregistrements de studio et quatre masterclasses à la Juilliard School en 1971-1972 consacrées à des airs de Norma — plus que pour tout autre ouvrage.
  • Plan — la filiation du bel canto, de Pasta à Callas ; les années fondatrices (1948-1953) ; l’apogée et la chute (1954-1958) ; les dernières Norma (1960-1965) ; la dévotion à Bellini et le respect de la partition ; Maria et Norma, la convergence de deux destins.
  • Évaluation — par les pairs ; version révisée acceptée en juillet 2026.

L’article se referme sur la transmission : les quatre masterclasses de la Juilliard consacrées à Norma témoignent d’une volonté de transmettre ce savoir aux générations suivantes — mission que poursuit aujourd’hui le Fonds de Dotation Maria Callas, avec l’espoir que le monde académique continue d’explorer les multiples aspects de l’art et de la personnalité de Maria Callas.

Le colloque s’était ouvert le 17 décembre par une table ronde inaugurale — Callas Archives — présidée par Paolo Gallarati. Tom Volf y siégeait au titre du Fonds de Dotation Maria Callas, aux côtés des responsables des grands fonds callassiens : Simone Solinas (Teatro Regio de Turin), Andrea Vitalini et Luciana Ruggeri (Teatro alla Scala), Pierluigi Ledda (Archivio Storico Ricordi), Caterina d’Amico (Fondation Zeffirelli et Fondo Luchino Visconti), Simona Segre-Reinach (Archivio Biki Jacques Reynaud) et Barbara Costa (Archivio Publifoto, Intesa Sanpaolo). Le 19 décembre, la conférence plénière était confiée à João Pedro Cachopo (Universidade Nova de Lisboa) : The Callas Effect: Metamorphoses of Aura in the Digital Age.

Plus que de découvrir la vérité sur Maria indépendamment du mythe de Callas, il s’agit, de façon à la fois plus modeste et plus courageuse, de rendre à Maria Callas la prérogative de se prononcer sur les deux.

João Pedro Cachopo, Dramaturgias n° 22, 2023 (notre traduction)

Dans la littérature

  • 2023 — João Pedro Cachopo, « A Diva entre o Mito e a Verdade : Em torno de Maria by Callas de Tom Volf », Dramaturgias n° 22, Laboratório de Dramaturgia, Université de Brasília, p. 462-482. Vingt pages consacrées au seul projet Maria by Callas — exposition, documentaire et les trois livres. L’auteur y analyse le paradoxe d’une entreprise qui valorise la copie, l’image et la trace au nom de l’original, de l’authenticité et de la transparence.
  • 2018 — João Pedro Cachopo, « The Aura of Opera Reproduced: Fantasies and Traps in the Age of the Cinecast », The Opera Quarterly, Oxford University Press. L’article lit Maria by Callas à la lumière de l’aura benjaminienne, aux côtés des live films d’Andrea Andermann et du Met: Live in HD.
  • 2019 — João Pedro Cachopo, « A aura da ópera na época da sua queda anunciada », Revista Dramaturgias n° 10, « Ópera, Tecnologia e Novos Media », Université de Brasília. Version portugaise développée du même essai.
  • 2022 — João Pedro Cachopo, « Callas and the Hologram: A Live Concert with a Dead Diva ». L’auteur y recense l’ensemble du cycle : le film, l’exposition de La Seine Musicale, Maria by Callas: In Her Own Words (Assouline), Callas Confidential (La Martinière) et Lettres & Mémoires (Albin Michel).
  • 2021 — Clara Bleuzen, « La colorisation de films d’archives, l’exemple de la société de production Composite Films », Épistémocritique. Un entretien sur les méthodes de colorisation d’archives où Maria by Callas figure comme cas d’école, aux côtés de I Am Not Your Negro de Raoul Peck.
  • 2021 et 2022 — George Constantzos et Thomas Tamvakos, Maria Callas Bibliography et Maria Callas New Bibliography, Athènes. La bibliographie callassienne de référence — près de 80 pages — enregistre Maria by Callas (Assouline), Callas Confidential (La Martinière), Lettres & Mémoires (Albin Michel) et l’édition italienne Io, Maria. Lettere e memorie inedite (Rizzoli), ainsi que Maria Callas : l’ultime tournée de Robert Sutherland.
  • 2020 et 2023 — Gabriele Scaramuzza, esthéticien milanais qui vit Callas à la Scala en 1956, cite l’édition italienne des Lettres & Mémoires dans Maria Callas viva, « Poesia senza poesia : Franz Kafka, Maria Callas » et Maria Callas interprete di Wagner (Materiali di Estetica).
  • 2019 — Fabio Dal Corobbo, « Ebben? Ne andrò lontana ». La voce, la scena, il repertorio : l’eredità di Maria Callas tra passato e futuro, Université Ca’ Foscari de Venise. Une thèse qui s’appuie notamment sur l’entretien inédit d’Elvira de Hidalgo retrouvé pour Maria by Callas.
  • 2020 — Enza Biagini (Università degli Studi di Firenze), « Lettura, letteratura, fumetto. Maria Callas in graphic novel », in Elisabetta Bacchereti, Federico Fastelli et Diego Salvadori (dir.), Il graphic novel. Un crossover per la modernità, Firenze University Press, coll. « Biblioteca di Studi di Filologia Moderna » n° 56. Un chapitre entier consacré à Callas dans le roman graphique — Io sono Maria Callas de Vanna Vinci et Sempre libera de Lorenza Natarella — qui cite Maria by Callas en bibliographie.
  • 2022 — Sebastià Alzamora Martín et M. Magdalena Brotons Capó, « Blai Bonet i Pier Paolo Pasolini : imatges del trascendent », Oceánide. Maria by Callas entre dans la bibliographie des études pasoliniennes catalanes.
  • 2019 — Flaviano Pisanelli (Université Paul-Valéry Montpellier 3), traduction française du poème de Pier Paolo Pasolini « La prévoyance », publiée dans Maria Callas. Lettres & Mémoires. Déposée dans l’archive ouverte HAL — le livre y figure ainsi comme référence de la recherche française.
  • 2024 — Hernan Carrillo, « Guiding neural networks for image colorization through user interactions ». Le film sert de cas d’étude appliqué à la recherche en colorisation neuronale.
  • 2020 — Destine Literare, revue de l’Association des écrivains roumains d’Amérique du Nord. Un récit à la première personne de la découverte du film sur un vol Pékin — Montréal.
  • 2024 — Alexander Fedorov, Leaders et outsiders du box-office français, 1945-2023, Moscou, 858 pages. Maria by Callas y figure dans l’histoire chiffrée du cinéma français.

Les œuvres référencées

Sept objets du cycle Callas sont aujourd’hui cités dans la littérature universitaire : le film Maria by Callas (2017), l’exposition de La Seine Musicale, Maria by Callas: In Her Own Words (Assouline, 2017), Callas Confidential (La Martinière, 2017), Maria Callas : Lettres & Mémoires (Albin Michel, 2019), son édition italienne Io, Maria. Lettere e memorie inedite (Rizzoli, 2019) et Maria Callas : l’ultime tournée de Robert Sutherland (L’Archipel, 2017).

Ces travaux paraissent en neuf langues — anglais, italien, portugais, français, espagnol, catalan, roumain, grec et russe.

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